art bourru d'un peintre encolleur, bricoleur en rêvitude
2011, année des déchets, poussières, détritus et résidus de végétaux
Tout près de mon atelier il y a un grand hangar où s'amoncellent, poussés par le vent, des détritus de végétaux.
Un jour j'ai eu envie de les utiliser. J'ai recouvert ma toile de colle que j'ai répandue au gré de mon humeur.
Je suis allé ensuite chercher ces déchets recouverts de pousssières et les ai étalés sur le tableau. Après séchage, je me suis mis au travail en utilisant les amas ou les espaces comme autant de suggestions pour créer des formes nouvelles.
Me viennent alors des images de personnages dansant, virevoltant et s'élançant dans ce monde souvent marqué alors par un jeu entre le blanc et le noir. L'opération s'est poursuivie par toute une série que j'ai appelée alors "mes mythologies"... comme si, moi aussi je pouvais inventer une saga grecque ou des représentations nouvelles d'un monde imaginaire.
J'ai laissé faire mon imagination me livrant à des combats improbables entre des dieux à tête d'animaux ou en inventant des symboles nouveaux comme une reine affublée de cornes de cerf.
Ces histoires parfois monstrueuses n'ont pas eu l'accord unanime du public qui se demandait alors quel était le code pour déchiffrer de telles énigmes. Pour moi cela reste une page importante de mon parcours de création parce que ce moment est fondateur d'une épopée forte de sens et où les héros émergent de la terre avec audace.